Regarder en arrière et regarder en avant : Une lettre à mon jeune moi

Par MD. Il faut plus de soutien aux personnes souffrant de dépendance dans nos communautés.

Une petite fille est née à la fin des années 70. Elle a été adoptée à sa naissance, mais sa vie n’a pas été bonne. Quand elle a grandi, elle a été victime d’abus sexuels dans sa famille d’accueil. Avant de terminer le secondaire, elle était enceinte du fils de son amour adolescent. Ils n’ont pas été capables de s’occuper de lui et il a dû être adopté.

Après avoir fini l’école, elle est retournée à Whitehorse, la ville où elle est née, avec ce même copain et père de son bébé. Il a pris soin d’elle et ils ont eu un autre enfant, mais ils ont dû également le faire adopter. Au fil du temps, ils se sont séparés. Elle a rencontré quelqu’un d’autre et a eu trois garçons avec lui. Il n’a pas consommé de drogues pendant quelque temps et elle a été une bonne mère, mais ils ont fini par se séparer aussi. Puis, lorsque ses garçons étaient assez jeunes, elle a rencontré un autre homme et tous les deux ont commencé à prendre du crack.

Quelques années plus tard, elle a essayé l’héroïne pour la première fois et tout a commencé à mal tourner. Très vite, elle a commencé à s’injecter de la drogue, et on lui a retiré ses enfants. Heureusement, ils ont pu rester avec sa famille pendant la semaine, puis avec elle les fins de semaine, mais elle avait le cœur complètement brisé. Pendant une période, elle se fichait de tout sauf de se droguer à cause du traumatisme et de la souffrance qu’elle avait subie. Elle a de plus en plus consommé, au point qu’un jour, elle a fait une surdose et est presque morte. C’est à ce moment-là que tout a changé pour elle.

Sa famille l’a aidée à suivre un traitement à Edmonton. Elle a ainsi pu arrêter de consommer pendant quelques années. Aujourd’hui, elle a récupéré ses enfants, qui sont au secondaire, mais elle est aux prises avec une dépendance au crack et à l’alcool. Ses enfants ont été témoins de ce que leurs parents ont vécu et sont très opposés à la consommation de drogues. Ils sont en colère et se sentent blessés s’ils découvrent qu’elle en consomme, alors les avoir à ses côtés l’aide à rester sobre.

Il faut plus de soutien aux personnes souffrant de dépendance dans nos communautés. Si elle avait eu accès à un service de conseil post-traumatique pour l’aider à faire face aux problèmes liés à son enfance et à son abandon, ça l’aurait beaucoup aidée. Les séances de conseil individuelles offrent les meilleurs résultats pour elle, surtout si elle peut rencontrer son conseiller plusieurs fois par semaine. Les traumatismes ne peuvent pas être réglés en six semaines ; il faut que ce soit un processus continu et régulier avec une personne afin de pouvoir développer une relation.

« Si elle avait eu accès à un service de conseil post-traumatique pour l’aider à faire face aux problèmes liés à son enfance et à son abandon, ça l’aurait beaucoup aidé. »

Nous avons aussi besoin d’endroits sécuritaires où les gens peuvent consommer des drogues, même dans les petites communautés. Nous devons également lutter contre la stigmatisation et la discrimination liées à la consommation de drogues afin que les gens ne craignent pas d’utiliser ces services ou d’accéder à un traitement lorsqu’ils sont prêts. Dans les petites communautés comme la nôtre, la stigmatisation empêche de nombreuses personnes d’accéder aux services disponibles, qui sont peu nombreux, parce qu’elles ont peur de voir des gens qu’elles connaissent et parce que c’est difficile de garantir la confidentialité.

Si elle parvient à se désintoxiquer, elle aimerait retourner à l’école et apprendre comment aider d’autres personnes qui ont vécu des expériences similaires et aider les gens à surmonter leurs dépendances et leurs traumatismes. Elle souhaite devenir un jour une conseillère ou une thérapeute qui aide les gens comme elle-même à éviter certaines des difficultés qu’elle a rencontrées dans sa vie.

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Advocating for public health- and human rights-based drug policies grounded in evidence, social justice, and compassion. www.drugpolicy.ca