Il ne faut pas avoir peur d’appeler le 911 si vous êtes témoin d’une surdose : les avantages et les limites de la Loi sur les bons samaritains secourant les victimes de surdose

Le bon samaritain

Le public devrait être plus conscient de la Loi sur les bons samaritains secourant les victimes de surdose. À une époque, je ne la connaissais pas. J’étais chez moi quand un de mes amis est arrivé sans prévenir. Je ne savais pas du tout qu’il était venu là juste pour se faire une injection. Je suis allée aux toilettes et quand je suis revenue, il était allongé sur le lit. On aurait dit qu’il venait de s’évanouir. Quelques minutes plus tard, il a commencé à émettre des gargouillements de sa gorge. À ce moment-là, je me suis rendu compte que la seringue était toujours dans son bras et qu’il s’étouffait avec ses vomissures. Comme je n’avais pas de naloxone, j’ai appelé le 911 et j’ai suivi les instructions jusqu’à l’arrivée des services d’urgence.

Parce qu’il s’agissait d’une surdose, la police a également été appelée. Les policiers ont été les premiers à arriver et, lorsque les ambulanciers sont arrivés, ils m’ont chassé de chez moi et ont menacé de m’arrêter si je ne faisais pas de déclaration. À l’époque, je ne connaissais pas la Loi sur les bons samaritains secourant les victimes de surdose. Je leur ai dit qu’ils allaient devoir m’arrêter parce que je ne savais pas ce qu’il avait pris — j’étais aux toilettes quand il a fait ce qu’il a fait. 

Ils ne m’ont jamais arrêté, mais j’ai découvert plus tard qu’ils n’auraient pas dû se comporter ainsi au départ. Il est inacceptable de se montrer malhonnête et d’essayer de faire peur aux gens pour qu’ils fassent des déclarations. Il faut alors sensibiliser les gens à la Loi sur les bons samaritains secourant les victimes de surdose afin qu’ils n’aient pas peur d’appeler à l’aide ou de composer le 911 lorsque quelqu’un fait une surdose. Ça sauvera des vies.

Il arrive souvent que personne n’appelle le 911 lorsqu’une personne fait une surdose en raison du fait que la police intervient toujours lorsqu’une surdose est signalée. Ou encore, il arrive que des personnes appellent le 911 et fuient les lieux par crainte d’être arrêtées et car elles ne sont pas informées de cette loi. Ainsi, la personne en surdose doit attendre l’arrivée des ambulanciers avant de recevoir de l’aide.

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De plus, la police devrait plutôt rassurer les gens et les renseigner sur la Loi sur les bons samaritains secourant les victimes de surdose, et non pas faire peur aux gens qui veulent simplement faire le bon choix. Les policiers disent parfois n’importe quoi pour favoriser leurs propres travaux et enquêtes, mais cela ne fait que décourager les gens de signaler le 911 lorsque quelqu’un a besoin d’aide. Plus les gens connaissent la Loi sur les bons samaritains secourant les victimes de surdose, plus ils n’auront pas peur d’appeler le 911 pour demander de l’aide quand une personne en leur compagnie fait une surdose.

« Les policiers disent parfois n’importe quoi pour favoriser leurs propres travaux et enquêtes, mais cela ne fait que décourager les gens de signaler le 911 lorsque quelqu’un a besoin d’aide. »

Cette Loi est entrée en vigueur en 2017. Elle protège les personnes contre les accusations de possession de petites quantités (personnelles) de drogues lorsqu’elles appellent le 9-1-1 pour une personne qui a une réaction néfaste à une drogue ou qui fait une surdose. Cette loi protège à la fois la personne qui fait une surdose, la personne qui appelle à l’aide et les autres personnes présentes sur la scène lorsque les secours arrivent.

La Loi ne protège pas contre d’autres infractions au Code pénal, comme le trafic, les armes ou les biens volés. De même, elle ne protège pas les personnes qui font l’objet d’un mandat d’arrêt non exécuté. 

Sauf si vous vous trouvez dans un bar, un cinéma ou une voiture, ou si la police déclare que vous avez enfreint la loi, vous avez le droit de refuser de répondre à leurs questions. Dans les cas où vous vous trouvez dans un bar, un cinéma ou une voiture, ou si la police affirme que vous avez enfreint la loi, il vous faudra donner votre nom, votre date de naissance et votre adresse (ou présenter une pièce d’identité), mais rien de plus. Si vous êtes détenu, vous avez le droit de savoir pourquoi vous êtes détenu et le droit de garder le silence jusqu’à ce que vous ayez eu l’occasion de parler à un avocat.

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