Qu’est-ce que la réduction des méfaits?

La réduction des méfaits concerne « les lois, les programmes et les pratiques qui visent principalement à réduire les conséquences néfastes [de l’usage de drogues] tant au niveau de la santé qu’au niveau socio-économique, sans nécessairement diminuer la consommation de drogues. » Les exemples incluent les sites de consommation sécuritaire et de prévention des surdoses, où les gens peuvent consommer des drogues dans un endroit sûr et supervisé, en présence de personnel formé pour répondre aux surdoses. Les militant-es pour la réduction des méfaits affirment qu’elle permet de « rencontrer chaque individu là où il se situe ».

La réduction des méfaits pour les personnes qui consomment des drogues n’impose pas l’abstinence ou la réduction de la consommation comme condition pour recevoir des services de soutien qui favorisent la santé. Elle reconnaît que, malgré les meilleurs efforts pour mettre fin à la consommation de drogues, plusieurs personnes ne le font pas parce qu’elles ne peuvent pas ou ne veulent pas arrêter de consommer et suivre un traitement, à un moment donné, ou que leur consommation n’est pas problématique. 

Les services de réduction des méfaits peuvent prévenir la transmission de maladies comme l’infection à VIH et l’hépatite C; réduire les décès par surdose en supervisant les personnes qui consomment des drogues et/ou par l’administration de naloxone; alerter les gens quant au contenu de leurs drogues achetées sur le marché illégal, par l’analyse de drogues; et fournir l’accès à d’importants services sociaux et de santé. Souvent, les services de réduction des méfaits fournissent également des conseils sur les modes de consommation plus sécuritaire des drogues; l’accès à des programmes de traitement de la toxicomanie, y compris le traitement de substitution aux opiacés; et une connexion vitale avec des pair-es, ce qui suscite un sentiment de communauté et une motivation qui augmentent les chances de rétablissement.

(Interactive Map)

Exemples de réduction des méfaits

  • Programmes de seringues et d’aiguilles (PSA) : Programmes fournissant du matériel stérile aux personnes qui s’injectent des drogues. Leur emplacement peut être fixe ou mobile (camionnette ou personne qui se déplace avec un sac à dos pour distribuer des fournitures). Certains programmes fonctionnent par l’intermédiaire de pharmacies ou de distributeurs automatiques. Des PSA sont présents dans de nombreuses communautés du Canada.
  • Services de consommation supervisée (SCS) : Sites fixes ou mobiles, autorisés par le gouvernement fédéral, où des personnes peuvent consommer des drogues dans un environnement contrôlé et hygiénique. La supervision est habituellement assurée par un-e professionnel-le médical-e qui supervise le personnel chargé d’intervenir lorsqu’une personne présente une complication médicale comme une surdose. Aucun décès par surdose n’a été recensé à ce jour dans un SCS, après des millions d’injections et d’inhalations effectuées. Les SCS offrent plusieurs autres services comme des références au traitement et l’analyse de drogues. Les services de consommation supervisée ne fournissent pas les drogues – seulement un lieu sécuritaire et des services de soutien aux personnes qui en consomment.
Booths with mirrors separated by dividers
Insite, le premier site de consommation supervisée approuvé en Amérique du Nord; Vancouver
  • Sites de prévention des surdoses (SPS) : Sites semblables aux sites de consommation supervisée, mais fonctionnant avec une autorisation gouvernementale différente (ou parfois sans l’approbation du gouvernement) et un processus de demande simplifié. Les sites de prévention des surdoses sont souvent dirigés initialement par des bénévoles et sociofinancés. Ils répondent directement à un besoin spécifique et urgent dans la communauté où ils sont établis.
  • Analyse de drogues : Service permettant aux gens d’analyser le contenu de leurs drogues. L’analyse de drogues utilise des technologies dont le coût et l’exactitude varient. Par exemple, la spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier, qui coûte des dizaines de milliers de dollars, peut identifier rapidement et précisément une vaste gamme de composés dans un échantillon. Les bandelettes-tests réactives au fentanyl, moins coûteuses, détectent seulement la présence de fentanyl (et parfois d’analogues) dans un échantillon. L’analyse de drogues est de plus en plus souvent offerte avec les services de réduction des méfaits (comme les SCS ou les SPS) dans les festivals, et à certains endroits, par l’envoi postal d’un échantillon au laboratoire.
  • Approvisionnement sûr : Programme fournissant des médicaments de qualité pharmaceutique à des personnes qui se procurent jusque-là des drogues sur le marché illégal. Ce programme peut fonctionner parallèlement à un SCS et offrir plusieurs autres services de soutien. Des drogues sûres peuvent également être distribuées par l’intermédiaire de fournisseurs de logement à faible barrière ou de distributeurs automatiques. L’approvisionnement sûr comprend des services comme le traitement par agonistes opioïdes et (TAO) et le TAO injectable (p. ex., traitement assisté à l’héroïne).
  • Distribution de naloxone : Programmes distribuant de la naloxone gratuitement ou à faible coût aux personnes qui consomment des drogues, à leurs ami-es et aux membres de leurs familles, pour une intervention rapide afin de prévenir les décès par surdose.  

Les services de réduction des méfaits ont été largement étudiés au Canada et dans le monde, et les données démontrent clairement leur efficacité 

  • La réduction des méfaits sauve des vies, aide les individus à éviter l’arrestation, prévient la transmission de maladies, améliore l’accès au traitement de la toxicomanie et améliore la sécurité publique en réduisant le nombre de seringues jetées dans la communauté
  • La réduction des méfaits est rentable : les économies générées par la prévention des décès et des maladies, et grâce à la productivité accrue des personnes ayant recours aux services de réduction des méfaits, dépassent de loin le coût des programmes
  • La réduction des méfaits n’encourage pas l’augmentation de la consommation de drogues; de plus, il a été démontré qu’elle n’a pas d’impact néfaste sur la sécurité publique à proximité des lieux où les services sont offerts

About peterkimcdpc

Director of Communications and Digital Enagement, Canadian Drug Policy Coalition, @peterkimdata