Nouveau Brunswick : Les recommandations pour le changement

Lors du dialogue de santé publique au Nouveau-Brunswick, qui s’est déroulé pendant deux jours, les participants nous ont dit ce qu’il fallait changer pour mieux protéger la santé, la sécurité et les droits de la personne dans leurs communautés au cours de deux crises de santé publique. Ce sont eux les experts de leur propre expérience et il faut que les gouvernements les écoutent.

  1. Lancer une vaste campagne de formation anti-stigmatisation et de sensibilisation du public à la consommation de substances (y compris les pratiques tenant compte de la santé mentale et des traumatismes subis). Cette campagne sera destinée aux professionnels de la santé, aux décideurs politiques, aux représentants élus et au grand public.
    • La consommation de substances et la dépendance sont mal comprises par de nombreuses personnes. En partageant les histoires des personnes ayant une expérience vécue passée ou présente de la consommation de substances, il est possible d’aider les représentants élus et autres décideurs à mieux comprendre le problème afin qu’ils puissent agir de façon éclairée. Il est important que les représentants élus comprennent que les initiatives de réduction des méfaits sont fortement soutenues.
  2. Offrir un logement stable et abordable où les personnes peuvent vivre dans la dignité (unités d’une chambre à coucher au minimum). Le manque d’accès à ce besoin fondamental de la vie est un obstacle important pour les personnes qui consomment des substances.
    • Réduire ou éliminer les listes d’attente.
    • Transformer les structures existantes en refuges d’urgence et en logements permanents, ou explorer d’autres solutions économiques telles que les maisons préfabriquées mobiles en conteneurs d’expédition.
    • Intégrer le logement supervisé à d’autres programmes de services sociaux.
  3. Assurer un meilleur accès 24 heures sur 24 aux services de base tels que les toilettes, le téléphone et le Wi-Fi dans les espaces publics, en particulier dans les zones rurales.
  4. Offrir un financement régulier et stable aux organisations qui fournissent des services de soutien.
    • Les modèles de financement actuels sont basés sur des subventions et sont donc trop précaires.
    • Des services tels que la formation aux compétences professionnelles, les agences pour l’emploi, la formation en compétences pratiques pour la vie, la réduction des méfaits et le soutien par les pairs sont nécessaires pour les personnes qui consomment des substances.
    • Les dirigeants gouvernementaux sont encouragés à rendre visite aux prestataires de services et à parler aux utilisateurs de ces services afin de voir la gravité des besoins et les effets tangibles de ces mesures.
    • Rediriger le financement de l’application de la loi vers la disponibilité et à faciliter l’accès aux services.
  5. Améliorer les services et les programmes de santé mentale.
    • Réaliser des programmes de santé mentale dans les écoles qui sont destinés aux enfants et aux adolescents afin d’enseigner des compétences efficaces de régulation émotionnelle qui seront utiles à court et à long terme.
    • Augmenter le nombre de travailleurs sociaux et de thérapeutes fournissant des soins.
  6. Multiplier les services de réduction des méfaits, y compris les sites d’injection supervisés, la distribution de la Naloxone et les fournitures de réduction des méfaits, telles que les aiguilles stériles, la vérification des drogues, l’approvisionnement sûr et le traitement.
    • Éliminer ou réduire les listes d’attente pour le traitement.
    • Offrir des services qui ne sont pas limités aux heures de 9 heures à 17 heures, ainsi que l’accès les week-ends.
  7. Répondre aux besoins des personnes qui consomment des substances en
    • Créant un groupe de travail sur la réduction des méfaits pour assurer que les problèmes sont pris en compte et que des actions sont prises en conséquence.
    • Développant des changements politiques proactifs qui répondent aux réalités vécues par les personnes non logées et/ou affectées par des troubles liés à la consommation de substances.

LIRE PLUS : Ça commence avec la stigmatisation : Un résumé du dialogue de santé publique du Nouveau-Brunswick

Les points positifs : Des programmes et des services qui sauvent des vies 

Les participants au dialogue ont également identifié plusieurs actions et programmes bénéfiques ayant un effet considérable dans leur vie quotidienne. On a souvent répété que les programmes d’échange de seringues étaient essentiels à la protection de la santé et de la sécurité. Parmi les autres services, on note 

  • Les programmes de méthadone (sans longues listes d’attente)
  • Le programme intensif de Thérapie de jour, qui offre un soutien aux personnes après leur désintoxication
  • Le traitement par injections d’agonistes opioïdes (au centre de rétablissement de Riverstone Recovery Centre)
  • Les programmes pour parents et enfants qui permettent aux familles de rester ensemble
  • Les programmes de sensibilisation qui apportent des services dans les communautés 

Les participants ont également souligné les avantages de la collaboration et des partenariats entre les réseaux de pairs et les organisations à but non lucratif, ainsi que les rapports établis entre les organisations et les administrateurs gouvernementaux. L’ensemble de ces relations a permis de mobiliser des ressources et des actions, et de mieux partager l’information afin que les responsables de la mise en place des lois et des politiques comprennent les réalités des communautés qu’ils représentent. 

(Crédit photo : Breau, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons)

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